Monsieur Julien et Madame Estelle Borel avaient toujours eu cette grande envie d'habiter loin de la ville, car pendant dix années, ils avaient vécu et ne s'étaient jamais plus dans un endroit défavorable à la pauvreté, à la pollution et aux bruits des usines ; maintenant, dans leur nouveau quartier, ils étaient désormais tranquilles pour profiter d'un profond repos à la campagne. Deux grands enfants étaient venus agrandir le ménage et embellir leur vie, L'ainée, une fille prénommée Elyse et Jason le cadet de la famille. Entre les deux enfants les discussions et les échanges de vues devenaient insupportable, à cause du caractère de Jason, qui ouvertement et généralement provoquait des altercations par ses actes d'objections. Elyse était plutôt douce et calme, contrairement à son jeune frère Jason, les disputes des deux phénomènes animaient la maisonnée et l'entente entre frère et s½ur étaient des moments rares.
Les Borel déménagèrent à Romilly-sur-Andelle, une belle commune, qui ne comptait que très peu d'habitants. Jadis, le couple s'était plu en centre-ville, à Saint-Étienne-du-Rouvray, mais les Borel ne pouvaient pas tolérer certains jeunes qui n'avaient aucun respect pour le voisinage ; ils étaient devenus méprisants, ils insultaient les personnes âgées et attaquaient les enfants, qui devenaient pour eux comme des jouets, leurs souffrent douleurs et leurs principales victimes.
Les jeunes garnements, voyant la beauté et la timidité d'Elyse, lui lançaient des phrases dans un débordement de langage :
- Et ma petite caille, tu as besoin d'un amoureux, dit l'un.
- Dis donc la petite bourgeoise, tu ne veux pas visiter notre cave, il y a un excellent matelas, annonça l'autre.
- Chérie, viens avec nous, dit le troisième, nous allons faire l'amour tous les quatre. Ce sera super, tu verras...
Chez les jeunes il y eut des éclats de rires. Sans rien dire, Elyse se dépêcha et continua son chemin les yeux remplis de larmes.
Elyse n'avait rien dit à ses parents, mais pour une fois, voyant sa grande s½ur pleurer, Jason interrogea :
- Elyse, qu'as-tu, Pourquoi pleures-tu ? Je suis ton frère et tu dois me dire le secret de ta tristesse. Je sais que quelqu'un t'a-fait du mal, Qui ?
- Jure moi, Jason de ne rien dire à maman ni à papa.
- Tu as ma parole Elyse.
Elyse raconta que tous les jours en traversant le village, près de la fontaine, les jeunes voyous l'insultaient et lui disaient des mots obscènes. Il était clair qu'Elyse ne pouvait plus tolérer l'opprobre aussi vulgaire concernant sa personne. Pour une fois Jason ressenti de la compassion.
- Elyse, tu as eu raison de m'avertir. Gare à cette bande de cons, si jamais en passant avec toi, j'entends un de ces mots dégueulasses ! Ils vont savoir à qui parler.
Dans le quartier, il y avait des plusieurs ethnies vivant avec leur différente Culture, des Noirs, des Africains, des Arabes, des Espagnols, des Portugais, des Français, tous vivaient en excellente harmonie... Sauf avec le groupe des jeunes. Elyse en souffrait et devant la continuité des insultes, Jason décida d'en parler aux parents.
- Mais Elyse, pourquoi ne m'as-tu rien dit, moi ta mère.
- Oui mais si j'avais dit quelque chose ; ils m'auraient frappé à mort. Je ne pouvais rien faire.
- Et que fait la police, demanda le père Julien. Elle sert à quoi ?
- Je crois, demanda Jason, que l'on ne peut rien faire ! Le mieux serait de déménager pour trouver un coin plus tranquille.
Julien trouva la proposition alléchante. Il n'avait pas d'emploi, mais adorait la nature, faire des découvertes et surtout, il aimait bricoler. Percevant l'allocation chômage, les allocations familiales, Julien était fier ainsi. Quant à sa femme, elle était mère au foyer, préférant garder ses enfants et les scolarisés au collège le plus proche de leur domicile, toujours à Saint-Étienne-du-Rouvray : Le lycée avait le nom de : Louise Michel.
La famille quitta donc Saint-Etienne-du-Rouvray pour venir habiter dans la commune de Romilly-sur-Andelle. Leur arrivée à la campagne fut des plus difficiles, ils avaient loué une caravane grâce à l'aide sociale, intérieurement, il y avait un espace réduit. Il faisait toujours un temps sombre avec du vent ou de la pluie, mais cela n'empêchait pas les gens aux alentours de venir habiter dans les vieilles caravanes, car dans la bourgade, le prix des loyers dans les appartements étaient pour certains inabordable. A la campagne, le site verdoyant offrait à la vue, un vaste terrain vague et quelques animaux, des vaches, des poules... Il y avait même une aire de jeu, avec des buts pour jouer au football, ou encore, des poteaux métalliques reliés par des imposants paniers de basket.
Elyse et Les Borel étaient heureux d'avoir aménagé en ce lieu, ils tenaient tellement à se faire des amis parmi les jeunes. Le frère et la s½ur s'approchèrent du groupe, mais personne n'osait leur adresser la parole. Ils se contentaient plutôt de les dévisager et de leur lancer des regards soupçonneux, Elyse et Jason ne comprenaient pas leur attitude. Cinq enfants composaient le groupe, un petit jeune noir, une fille rousse, un autre garçon avec un sérieux embonpoint, un handicapé physique, ainsi qu'une fille d'une petite taille. Les cinq enfants jouaient en ignorant la présence d'Elyse et de Jason. La grande s½ur s'avança vers les enfants :
- Bonjour tout le monde, je m'appelle Elyse, voici mon frère Jason ; je suis nouvelle en ce lieu et nous aimerions jouer avec vous, si vous acceptez notre présence en tant qu'amis ? Le voulez-vous ?
Le petit garçon noir eut un large sourire.
- Avec plaisir. Moi, je m'appelle Samuel Koumba, voici Vincent Time, dit-il, en désignant le garçon avec l'embonpoint, Voici Jessica Scrout, notre jolie petite rousse, Jean Naimarre, qui est un invalide au grand c½ur et Eva Nouissement, la plus petite et la plus maligne parce qu'elle passe partout grâce à sa petite taille.
- Désolé, dit Jason en riant, Je n'ai jamais entendu des noms de famille aussi drôles ! Mes amis, je vois que vous aimez rire. Ces prénoms sont rigolos.
Les cinq enfants baissèrent la tête. Samuel annonça :
- Nous sommes habitués à entendre dire de pareilles choses, ainsi que des insultes. Cependant, nous sommes heureux de faire votre connaissance.
Elyse était toute confuse :
- Je suis désolée pour la phrase de mon frère ; il ne pensait pas ce qu'il vient de vous dire ! Nous arrivons d'une commune ou des jeunes nous ont insultés et nous ne savions pas qu'ici, la même chose pouvait exister. Nous vous demandons pardon. N'est-ce pas Jason ?
- Oui, s½urette, Samuel pardonne mes mots malheureux, car franchement, je croyais que tu avais envie de rire...
- Ce n'est pas grave ! Nous sommes dans cette ville depuis longtemps et personne ne respecte nos différences physiques et partout on nous chasse ! Je trouve mesquin et ignoble ce procédé, parce que nous sommes des êtres humains comme vous, comme tous les autres.
- Tu as raison Samuel, ajouta Jason. Les gens sont vraiment méchants. Mais pour mes mots de tout à l'heure, je croyais sincèrement que tu prononçais ces prénoms pour nous faire rire. Alors, pardon.
- Avec mon frère, ajouta Elyse, nous sommes une famille pauvre et nos parents ont été obligés de venir vivre dans les caravanes placées sur le terrain d'à-côté. Si vous le voulez, nous aimerions faire partie de votre groupe ainsi nous serions plus nombreux pour combattre ces gens méprisables et sans respect. De plus mon frère Jason est très fort. Qui est-ce qui vous insulte ici ?
- Ce sont des personnes agressives, grandes et autoritaires. Ils sont là pour nous contrarier. Nous sommes leurs esclaves. Ils sont au même nombre que nous, mais deux fois plus costauds, expliqua Vincent Time.
- Ne t'en fais pas Vincent, moi Jason, je suis là... Les autres n'ont qu'à bien se tenir.
- Attention Jason, lança Samuel, les voilà, ils arrivent tous les cinq. Ce sont ceux qui ont du gel dans les cheveux, coiffés avec une crête et qui porte une veste de cuir.
Jason se retourna et aperçut les cinq garçons, ils étaient grands et costauds.
- Ne bougez pas et ne dites pas un mot. S'il y a une bagarre restez éloignés à quelques mètres de moi sans intervenir.
Les cinq garnements encerclèrent le petit groupe, Celui qui paraissait être le chef s'avança en roulant les épaules :
- Alors, on s'est fait des amis, demanda-t-il d'une voix rauque. Vous ne nous présentez pas vos copains qui sont venus tout droit d'une poubelle ?
Sur ses mots, il se mit à rire ainsi que ses amis. Soudain la voix de Jason retentit et frappa comme un coup de lame :
- Qui êtes-vous pour nous parler de cette façon ?
Le c½ur d'Elyse battait la chamade. Elle aurait voulu être à la place de son frère pour ne pas les provoquer, mais c'était impossible. Samuel Koumba avala sa salive, les autres, tremblant de peur évitaient tous les regards.
Le garçon à la crête fronça les sourcils et avait retrouvé son sérieux.
- Toi, tu veux me donner des ordres ? Personne ne m'a jamais parlé sur ce ton. Tout le monde me respecte ! Pour la peine, tu auras une punition. Mais comme tu es nouveau, je saurais être clément envers toi. Lave mes chaussures avec ta salive.
- Et puis quoi encore ? Et toi, tu ne veux pas laver les miennes de chaussures ? Personne n'a peur de vous maintenant ! Je suis là Messieurs, il se tourna vers Samuel, pas vrai les amis ?
Comme personne n'avait répondu à sa question un rire ironique se dessina sur le visage de l'intrus qui ajouta :
- Je vois que tu es seul contre nous cinq, lança le garçon à la crête, nous sommes les terreurs de ce camping. Du côté de tes amis, personne ne bougera, parce que ce sont des lopettes, qu'il faut éradiquer.
En regardant ses amis, Jason ne comprenait plus rien, il se sentait trahi ; à contrec½ur, il se ravisa pour obéir aux ordres et lava avec sa salive les chaussures du chef. Il avait compris que personne ne viendrait pas l'aider, il était bien trop seul. Son visage était rempli de haine, mais il valait mieux pour lui de ne pas le montrer.
L'exécution fut immédiate, les autres ne pouvaient qu'observer la scène avec un certain dégoût. Sur le visage de la victime la rage et la haine se faisaient ressentir de plus en plus. Devait-il préférer la campagne ou la ville ? Il se mit à penser à son père et à sa mère, si ces derniers avaient vu Jason ainsi, lui aurait-ils pardonnés, en voyant leur fils dans le déshonneur ?
En provenance du terrain d'à-côté, en entendit la voix lointaine de Julien Borel, il appelait ses deux enfants. Les cinq garçons à la veste de cuir s'en allèrent tout en recommandant à Jason et aux autres, qu'il valait mieux ne pas divulguer cette scène et surtout que la police ne soit pas prévenue, sinon il y aurait des représailles. Les cinq garnements disparurent au bout du terrain. L'heure de la séparation avait sonné, se tenant devant Jason et Elyse, Samuel avait pris une allure timide, amère et douloureuse, car son petit groupe avait trahi Jason, sans le défendre ni respecter le pacte de la solidarité.
- Les enfants, le repas est prêt ! cria Julien.
Ce soir-là, la famille Borel dîna dans le calme et la joie de se retrouver. Julien annonça à sa femme, qu'il se plaisait à la campagne, il arriva le moment où il posa la même question à ses enfants ; ces derniers évitèrent de répondre à la question.
- Jason, y aurait-il un problème, interrogea son père, le coin et le calme de la nature ne te convient pas ? Toi non plus Elyse ?
Les enfants échangèrent un regard complice.
- On à du mal à s'acclimater, c'est tout, ajouta Elyse. Il n'y a rien ici qui puisse retenir notre attention.
Maman Estelle eut un haut le corps avec un air de surprise :
- Il n'est pas nécessaire de s'énerver ma fille. De toute façon, je sais qu'avec Jason, vous allez vous y plaire.
Elyse, ressentit un profond dégout. En voyant le visage de sa s½ur, Jason eut peur qu'elle raconte ce qui s'était passé avec les cinq garçons, car elle ne s'était pas trop manifestée. Estelle et Julien échangèrent un regard, car ils se demandaient pourquoi leur fille réagissait ainsi. D'un autre côté, Elyse et Jason savaient qu'un soir il faudrait tout leur avouer. Mais pour éviter une peine à leur mère, qui n'allait pas les lâcher d'une semelle, ils préférèrent ne dire aucun mot. Il fallait rester impassible comme si rien ne s'était passé. Pour changer de sujet Elyse s'exclama :
- Ciel tout est propre et le rangement du linge a été fait, merci Maman chérie.
- Nous sommes fatigués, dit Jason, en bâillant. En tout cas, si cela ne vous dérange pas, je vais aller me coucher.
- Moi, aussi, ajouta Elyse.
- Attendez, dit Julien, je vous ai inscrits au collège Emile Zola, bâtiment du coin ; vous avez rendez-vous demain matin à dix heures trente au bureau du Directeur. Je peux d'ores et déjà vous dire que beaucoup d'enfants de nos voisins y sont inscrits
- Super, papa, lança Jason, nous allons connaître de nouveaux amis.
En réalité, Jason craignait d'y rencontrer la bande des cinq voyous qui semait la terreur. Comme ils se partageaient la même chambre, une fois couchés, Elyse et Jason ne s'endormirent pas. Ils parlèrent de la journée qui s'était passée et surtout de cette rencontre avec la bande des cinq garçons méprisants à la veste de cuir. Comment pouvait-il y avoir des problèmes à la campagne, alors, que d'habitude le calme y régnait ? Les provocations et les bagarres, se produisaient le plus souvent dans certains quartiers et le centre-ville. Pourquoi Estelle et Julien avaient-ils décidé de venir habiter ce coin perdu, alors, qu'ils se plaisaient à Saint-Etienne-du-Rouvray ? Ils trouvaient aussi très gênant d'avoir une seule chambre détruisant ainsi l'intimité entre frère et s½ur. Au bout d'un certain temps, Jason et Elyse sombrèrent dans un profond sommeil.
Le lendemain matin, au réveil, le temps était maussade et la pluie avait fait son apparition. Les enfants eurent du mal à sortir de leurs couettes. Ils avaient discuté jusqu'à une heure du matin. Le père Julien se dirigea vers ce qui ressemblait à une cuisine et trouva sur le buffet une lettre qui sentait le parfum.
- Merci, Estelle chérie, d'avoir pensé à moi.
En rejoignant son mari, Estelle était encore endormie, mais elle paraissait de très bonne humeur.
- Mais, de quoi parles-tu mon chéri ?
- De la lettre que tu m'as laissée, elle a un très bon parfum !
- Mais, mon chéri, je ne t'ai rien déposé sur le buffet ? Que me racontes-tu là ? Je n'ai rien écrit et je n'ai laissé aucune lettre ?
- Mais oui, regarde, coupa Julien, en lui montrant. Regarde !
- Désolée, mais ce n'est pas moi qui te l'ai envoyée, protesta Estelle. As-tu pris le temps de la lire, au moins ?
- Non, avoua-t-il. Mais je vais le faire.
Le sourire de Julien avait totalement disparu. Prenant la lettre dans ses mains, devant sa femme Estelle, il en commença la lecture :
Très chère famille Borel,
Je me permets de vous écrire aujourd'hui afin de vous annoncer une nouvelle importante. En outre, on m'a confié une mission vous concernant et que moi-même, j'ai la noble tâche d'accomplir. J'y reconnais sa grandeur et j'y ai mis tout mon c½ur à l'ouvrage. Ce que j'ai à vous dire va créer un changement dans votre vie.
Bien-entendu, vous êtes maîtres de votre destin pour choisir ou refuser notre demande. Ce que je sais, c'est que ma nouvelle dépasse la simple information. J'espère avec force que tout sera pris en compte. Je vous annonce officiellement, que vous avez été désignés élus par nos sages, car vos plus anciens ancêtres sont nés sur un autre monde, appelé : « la terre du Royaume Will » Cette planète a été créée par vos ancêtres, il y a environ six milliards d'années pour créer un monde où régnerait la paix. Je peux d'ores et déjà vous dire qu'il existe un livre où l'on y raconte leur existence. Cela pourra vous paraître inimaginable, absurde mais ils sont aussi à l'origine de la création du passage secret entre la Terre et Will, conçu pour créer la planète Terre et pour le développement de la vie humaine. Trois boules de cristal bleue, blanche et rouge ont été éparpillées dans toute la Haute-Normandie pour que personne ne découvre leur existance, ce sera à vous de les retrouver et de les déposer dans le fin passage secret que vous allez découvrir au fur et à mesure de la recherche des boules.en les réunissant le passage secret s'ouvrira et vous emmènera sur Will.
De plus, un problème majeur existe : Il y a toujours des gens qui habitent Will. Au moment où je vous écris, nos s½urs et nos frères subissent deux heures de catastrophes naturelles par jour, comme les tornades... C'est grâce à la direction des vents de la tornade que le passage secret entre cette planète et la Terre. Notre peuple vous souhaite bon courage et une réussite absolue. Mon nom est devenu célèbre au Japon incarnant les festivités et les danses.
Mokuami envoyé par le grand Maître de la planète Will.
C'est dans ces conditions que la lettre se termina, Julien et Estelle ne s'en préoccupèrent pas tout de suite, ils venaient de se réveiller, ils considéraient cette lettre comme une pure invention, telle une blague tout à fait banale. Comment pouvaient-ils croire qu'ils arrivaient sur la terre après un voyage d'un milliard d'années ? Alors, que les humains dépassaient rarement cent ans de vies.
- Ah, lança Julien, j'ai compris ! Elyse ou Jason doivent participer à un spectacle organisé par la direction du camping ? Et ils ont dû oublier cette lettre. Hier, j'ai vu une affiche qui l'annonçait. Elle a été posée sur la porte des toilettes générales. Je serai fier que l'un de mes enfants puisse avoir un rôle...
- Oui, tu imagines, approuva Estelle. Jouer l'élu d'une planète, qui est en quelque sorte un peu l'équivalent du président... Je m'engage à leur faire des déguisements, tiens ! Que penses-tu, chéri, si je fais cela avec du gris pour donner un aspect sauveur ? Oh ! J'imagine déjà notre fils Jason en train de répéter son texte... Je suis...
Une voix les interrompit. C'était celle de Jason, accompagné de sa s½ur qui ayant entendu la conversation de ses parents venaient de se lever.
- On n'a jamais eu l'intention de se ridiculiser dans un spectacle, ricana Jason. Et puis d'abord, qu'est-ce que c'est que cette lettre ?
- Elle est anonyme, se contenta de dire Estelle. Pourquoi nous cachez-vous qu'elle vient du directeur du camping ?
Ses yeux fixaient à la fois Jason et Elyse.
- Chérie, je crois que tu as gâché leur surprise, indiqua Julien.
- Mais puisqu'on vous dit qu'on n'a pas voulu y participer, s'indigna Jason.
Julien se gratta la tête.
- Bon, pardonnez-nous, dit-il. Puisque cette lettre n'est pas pour vous, elle n'a plus d'importance. Je suis sûr que c'est une mauvaise blague.
- C'est probable, ajouta Elyse, nous sommes des habitants nouveaux et des farceurs veulent nous taquiner. Rien de plus.
- Oui, sûrement, pensa Jason, l'air songeur.
Alors qu'il rêvassait, Jason entendit un son, c'était une voix qui l'appelait. La première fois, il se dit que cela devait venir de son imagination, mais lorsqu'Elyse prononça timidement : "qui est-ce qui m'appelle ?", alors que personne n'avait rien dit, il échangea un regard avec sa s½ur. Julien et Estelle avaient cessé de parler, lorsqu'ils se tournèrent vers leurs enfants :
- Personne ne vous a appelé, fit remarquer Estelle. Etes-vous bien réveillés les enfants ?
- Cette voix... demanda Jason, l'entends-tu, Elyse ?
- Oui, dit sa s½ur d'une voix faible. Je l'entends comme une voix qui remplirait par sa résonance l'infini du ciel... Et entrerait en écho au plus profond de moi.
C'était une voix assez grave qui ne cessait pas de les appeler, mais personne ne se rendit compte d'une présence humaine. Ni Julien ni Estelle qui écoutaient, n'entendirent aucune voix : ils étaient très inquiets pour leurs enfants.
Dans un premier temps, la voix se rapprochait d'Elyse pour prendre son corps, dans un second temps, elle prenait possession du corps de son frère. Désormais, la voix parlait à l'intérieur de leurs corps et chacun pouvait entendre : « Je suis la voix du monde, je m'appelle l'esprit du bien ». Jason répétait exactement tout à voix haute. C'était comme s'il jouait une scène théâtrale, alors qu'en fait, l'esprit du bien était en eux, dans leur c½ur et dans leur âme. Soudain, Julien ricana :
- Je le savais ! Vous vous préparez bien pour un spectacle, s'esclaffa le père sur un ton amusé. Vous en êtes à quelle scène ?
- Mais papa, on ne prépare rien. Tu n'entends pas la voix qui nous parle ?
- Non aucune voix... Et toi ma chérie ?
- Non plus !
Jason continuait de répéter ce que disait l'esprit du bien. Personne ne savait réellement que dire ou que faire. La voix se répandit maintenant en écho dans la tête d'Elyse et de Jason. Ce dernier continuait à répéter les mots qu'il entendait, sous le regard surpris et inquiet de maman Estelle.
- Je suis l'élu, envoyé par le Maître de la planète Will, répétait Jason.
- Oui, mais que nous veux le grand Maître de Will, demanda Elyse qui semblait avoir oublié sa timidité.
- Par la voix de Mokuami envoyé par Skye, le grand Maître de Will, toi Elyse et toi Jason vous devez retrouver les trois boules, d'après notre enregistreuse Karhwixx, se trouveraient en Normandie dans deux endroits : En Haute-Normandie ayant en son sein le pays de Caux, le pays de Bray et du Vexin, du Roumois, du Lieuvin, du pays d'Ouche, des campagnes du Neubourg et de Saint-André au Sud. Ou en Basse-Normandie entre Ouistreham, la région de Carentan, Caen, Avranches, Mortain et Falaise... Ce coin décrirait avec justesse l'endroit où l'enregistreuse signale un endroit où le sang a été versé. Vos ancêtres étaient au courant que les habitants de Will subiraient deux heures de catastrophes naturelles par jour, c'était le seul moyen pour réussir ce qu'ils voulaient arriver sur la planète bleue appelée « Terre ». Vous l'avez trouvée puisque vous y êtes !
- Donc, avez-vous trouvé les boules éparpillées on ne sait où en Normandie, s'exclama Elyse toute troublée ?
- Oui, bien-sûr, sinon je n'aurais pas trouvé le passage secret... Vous avez la délicate mission de retrouver les boules au pouvoir magique qui ont analysée la terre et qui nous permettront de supprimer les tornades sur Will.
- Oui mais nous sommes trop jeunes et sans expérience ?
- Moi non plus je n'ai aucune expérience, ajouta Jason, je ne peux pas repousser une bande de voyous et le Maître voudrait que je découvre les trois boules ? De plus il y a un endroit où l'on travaille le nucléaire... C'est dire qu'il faudrait une armée de trois millions d'hommes pour nous aider !
- Vous avez bien fait surtout toi Jason, car ta force est colossale. Tu es sans pouvoir voler identique au fameux « Superman » inventé par les humains.
- Mokuami, tu veux dire que si j'avais insisté je pouvais réduire à néant la bande de voyous ? Celle qui vient ennuyer le petit groupe d'enfants ?
- Bien sûr ! Ecoutez la parole de l'esprit du bien, même Elyse a la même force que toi et à tous les deux vous représentez la force de plus d'un million de soldats.
Elyse et Jason eurent un haut-le-corps avec un air de surprise. Les parents qui venaient d'assister à la conversation étaient tout bouleversés devant leur talent, car ils croyaient fermement que leurs enfants répétaient une scène théâtrale ; Julien et Estelle restaient sidérés devant les répliques qui paraissaient vraies.
- Bravo, les enfants. Votre façon de jouer est sublime, s'exclama le père Julien.
Maman Estelle regardait ses enfants avec une grande admiration. Elle qui était contre le théâtral, était devenue une adepte du spectacle.
- Mon Dieu quel talent prodigieux que vous avez... Vous dites les textes sans le lire ? C'est merveilleux, je suis fière de vous, leur dit-elle.
De leur côté, Jason et Elyse essayaient tant bien que mal de se débarrasser de cet esprit qui avait prit possession de leurs corps. Devant les mimiques de Jason, Julien se mit à rire. Elyse commençait à supplier : « Mokuami, esprit du bien, nous te demandons de partir, car nous sommes très fatigués. » Comme l'esprit du bien ne quittait pas leurs corps, Elyse se mit à pleurer. Julien regarda sa femme l'air désemparé.
- Mais chéri, tu ne vois pas que ses pleurs font aussi partie du spectacle, annonça Estelle avec un large sourire. Nos enfants ont un immense et merveilleux talent, c'est superbe !
- Oui, mais dans la réalité, voir ma fille Elyse pleurer, avoue que là, tu dépasses les bornes ! Je n'ai jamais vu un artiste pleurer réellement !
- Mais papa, nous ne nous sommes jamais inscrits pour jouer le rôle d'une ½uvre théâtrale, fit remarquer Jason.
Etant persuadée que ses enfants voulaient garder le secret jusqu'à la fin, Estelle préféra ne pas leur tenir tête, elle leur fit confiance et leur donna son accord.
- Je veux bien croire que votre histoire est réelle, les enfants, mais les esprits du bien... Cela n'existe pas voyons ! J'avoue que vous jouez mieux que les véritables artistes et Elyse... Ses pleurs ? Ses larmes étaient réelles. Fantastique !
- Alors, pourquoi aurions-nous répété tous les éléments de cette lettre ? s'indigna Jason qui, d'habitude arrivait à convaincre sa mère.
- Je n'en sais rien, expliqua Estelle, mais je ne peux pas croire au monde fantastique. Par contre, votre pièce a été jouée merveilleusement.
- Je suis d'accord avec votre mère, vous êtes de vrais artistes, répliqua Julien en riant.
Elyse et Jason se regardèrent et préférèrent ne pas insister. Ils repartirent dans leur " chambre".
- Je n'en reviens pas ! s'exclama Jason. C'est quoi cette histoire d'esprit du bien ? Pourquoi se manifester maintenant ? Maman et papa ont raison, c'est sûrement le fruit de notre imagination.
Elyse ne répondit pas.
- Mais parle, dis quelque chose, proposa Jason. D'après toi, Elyse, l'esprit du bien existe-t-il ou pas ?
Sa s½ur se remit à pleurer.
- Oh, pardon, je suis désolé Elyse. Tout cela m'énerve. Pardonne-moi.
- D'accord, dit-elle, avec une faible voix.
Ils demandèrent à leur parent s'ils avaient le droit de sortir et ces premiers acceptèrent. Ils savaient que les garçons iraient à l'école aujourd'hui, ils n'avaient donc rien à craindre. Un peu bêtement, ils se mirent à fouiller dehors à la recherche d'indices qui rendraient la lettre crédible. Ils ne trouvèrent aucun élément concrets, mais certains objets, comme des boules de pétanque les menaient de temps en temps, sur une fausse piste. Leur détermination prouvait bien qu'ils voulaient résoudre les énigmes. La caravane contenait que très peu de place et il était difficile de trouver quelque chose d'exact. Ils se mirent discrètement à chercher aux alentours, sans même se renseigner auprès de leurs voisins, car si la lettre disait vraie, ils seraient aux portes de la gloire. Beaucoup de personnes se moquaient d'eux en les voyant creuser le sol ou se mettre à quatre pattes. Chaque recoin était exploitable et les enfants savaient qu'en les voyants, ils seraient la risée de tous les habitants.
Le chef qui gardait le camping, s'appelait Maxime Bourgeois et avait observé Elyse et Jason depuis le début de leurs recherches. Les voyant à quatre pattes, il se rapprocha deux avec une grande curiosité :
- Bonjour les enfants, que cherchez-vous ? Vous avez perdu quelque chose ?
- Non, merci, ça va aller, nous nous exerçons un peu, avança Jason. Nous jouons « au coin gagné » Allez, une, deux, une, deux !
- (... ? ...)
Surpris par la réponse et en les voyants s'amuser, Maxime Bourgeois s'en alla vers son bureau. Jason pensa que si les cinq garçons à la veste de cuir les avaient aperçus, les voyous, sans foi ni loi, auraient explosé de rire. Ne sachant pas exactement où la vérité contenue dans la lettre voulait les emmener, les enfants observèrent chaque coin. Ils pensaient même que d'autres indices pourraient se trouver aux alentours du camping. De plus, si l'esprit du bien se manifestait, il risquait de se montrer en public...
- Pour l'instant, rien n'est crédible dans cette lettre, murmura discrètement Jason, lorsqu'il rentra, le souffle court.
- Tu as raison, précisa Elyse. Mais n'oublie pas la voix, qui elle, est réelle... Nous l'avons bien entendu tous les deux. Mokuami existe donc vraiment !
Jason approuva d'un signe de tête.
- Demain, nous reprendrons les recherches, dit-il. De toute façon, je n'ai aucune envie de rater l'école.
Pour la rentrée scolaire, Jason et Elyse avaient acheté leurs fournitures, des livres et des cahiers grands formats, pour les différentes matières qu'on allait enseigner. Elyse et Jason prirent un agenda. Ils avaient choisis également, des vêtements qu'ils aimaient, notamment des jeans, ou encore des pull-overs. Ils étaient très heureux de fréquenter un nouveau collège, mais ils se doutaient que l'adaptation serait longue.
- Vous êtes prêts, demanda Julien qui contemplait ses enfants. En tout cas, vous êtes vraiment beaux tous les deux.
- Merci, papa, ajoutèrent Elyse et Jason. Allez, bisous maman !
Ils embrassèrent leur mère et partirent pour le collège, en compagnie de leur père. Elyse et Jason étaient fiers de se faire des copines et copains au collège Emile Zola. Les cinq mauvais garçons se tenaient devant le portail et ils étaient considérés comme des caïds, faisant régner la crainte et la peur. Le frère et la s½ur attendaient que la barrière principale s'ouvre. Les cinq garçons donnèrent un regard de haine en direction de Jason. Le collège paraissait assez grand à première vue, il représentait une sorte de soucoupe grisonnante, avec des portes tous les dix mètres. La barrière principale était verte, des surveillants restaient devant afin d'organiser la sécurité des entrées et des sorties des élèves. Elyse commençait à transpirer parce qu'elle avait la gorge serrée par le stress. Jason était plus détendu, il avait l'habitude d'aller au collège. Comment allait se passer cette journée ? Ce type de questions ne cessait pas de revenir dans la tête des enfants Borel. Et si les grands portant veste de cuir allaient les embêter ? La sonnerie principale retentit. Julien quitta ses enfants. Elyse se mit à suivre un groupe d'écolière de son âge : Du cours de la sixième quatre, tandis que Jason accompagna ses camarades de la quatrième deux. Le stress disparut rapidement, car tous deux se firent des copains et des copines. Ils n'oublièrent pas le plus important dans tout cela : trouver des indices pour rendre la lettre qui était en leurs possessions crédible... Pour l'instant, ils n'avaient guère d'indices, cependant, ils savaient que les boules de cristal se trouveraient dans des endroits phares en Normandie. Tout au long de la journée, ils ne cessèrent d'y repenser. Pendant la récréation de midi, ils rencontrèrent les cinq garçons à la veste de cuir, les voyous sautèrent sur Jason et l'emmenèrent vers les toilettes à l'abri des regards ; Sans parler, le chef fit un signe de la main, les autres prirent Jason et lui plongèrent sa tête dans la cuvette des toilettes. Lorsque Jason fut relevé, le chef lui donna un grand coup- de-poing dans l'estomac qui le fit tomber par terre. En riant les cinq garnements disparurent en direction de la cour. Les surveillants étaient peu présents le midi, car il régnait un vacarme fou dans le réfectoire. Elyse contemplait la scène avec regret, car elle ne pouvait parler, ses mots se perdaient dans sa bouche. Elle demanda avec les yeux remplis de tendresse :
- Jason, je sais que ce n'est pas ce que tu désires, car tu as trop bon c½ur... Mais la voix de Mokuami nous a révélé que toi et moi possédions une force surhumaine, je t'en prie Jason défend toi ! Tu ne peux subir volontairement ces affronts ! Tu es un homme ! Ainsi nous pourrons savoir si la parole de Mokuami est bien réelle ?
- Je suis d'accord avec toi, s½urette, je n'ai pas peur de ces voyous, mais si en essayant de me défendre, il s'avère que nous n'ayons pas cette force, ces voyous vont m'écraser et me réduire en cendre. Allez, Elyse, pensons à notre mission. Ce qui est plus important.
Tout au long de la journée, Elyse et Jason se concentrèrent sur les indices. Pour Jason, les boules ne pouvaient se trouver dans le collège, cela aurait été trop facile si les auteurs de la lettre étaient des professionnels. Un peu découragés, ils n'y pensèrent plus pendant quelques petites minutes, mais ils se souvinrent vite qu'il restait toujours les manifestations surprenantes de l'esprit du bien. Lors d'un cours avec Monsieur Turpin, le professeur de français, Jason découvrit trois formes rondes, renfermées dans un sac marron, posées bien en évidence sur le bureau. Jason était placé avec un camarade devant son professeur. Il ne savait plus où il en était et de nombreuses questions envahissaient ses pensées ; il ne pouvait pas s'empêcher de se dire, que peut-être, les boules de cristal pouvaient se trouver au sein du collège, mais avec Elyse, ils restaient désarmés devant l'absence de preuves. Le professeur voyant le regard interrogateur de Jason, lui demanda sur un ton sarcastique :
Toi aussi tu es passionné par la pétanque ?
- Pourquoi me demandez-vous cela, Monsieur le Professeur, demanda Jason intrigué par la question.
- Bien, parce que tu regardes mon sac de boules de pétanque avec une attention particulière, dit-il en riant.
Le visage de Jason vira légèrement au rouge. Ses camarades de classe se mirent à rire en se moquant de lui, mais cette désagréable minute passa très vite. Durant toute la journée, lui et sa s½ur furent confrontés à maintes reprises à ce type de problèmes, à savoir des fausses pistes, même Elyse dans son cours pendant que Madame Billie, enseignait la physique-chimie, des bizarreries se produisaient : La professeur alla vers son placard pour y sortir une boule de cristal avec de la poudre ; intérieurement, Elyse crut de toutes ces forces, qu'il s'agissait d'une boule de cristal et croyait que son professeur détenait les trois boules secrètes, la pauvre femme lui expliqua qu'il s'agissait d'une expérience de chimie pour étudier la craie. De son côté, Jason écoutait son professeur de mathématiques échanger une conversation avec le principal du collège, à propos de boules. Lui aussi avait douté à son tour sur sa complicité ; mais il se rendit bien compte de son erreur. Vers onze heures trente, à la terminaison des cours, Jason rejoignit sa s½ur et sur le chemin, passèrent devant les cinq garçons à la veste de cuir, qui discutaient d'une expérience réussie avec un verre en cristal qu'ils avaient mis au soleil pour voir quel en serait le résultat. Elyse osa s'approcher pour leur poser un tas de questions, amenant un des garçons à la pousser et à la faire tomber à même le sol.
- Va jouer aux jeux des filles, ça va te développer les sens, dit le chef sur un ton vexant. Et ne t'avise plus d'écouter nos conversations ! Sinon, malgré que tu sois une fille, on te façonnera le visage à coups de cutter. Toi le frérot si tu as envie d'une autre leçon, tu n'as qu'à le demander.
- Attention, j'avertis gentiment, c'est la dernière fois que tu lèves la main sur ma s½ur... Tu as compris ?
Un autre garçon s'avança vers lui, menaçant :
- Dis donc, toi le rigolo, si tu nous cherches tu vas nous trouver.
Je te signale que je vais te casser la gueule.
Le garçon s'élança sur Jason, ce dernier profita de l'instant pour savoir si les paroles de Mokuami l'élu de la planète Will avait dit la vérité... Il prit le corps du garçon, le souleva au-dessus de sa tête et le jeta à cinq mètres de lui, sous le regard effrayé du chef qui annonça :
- Bon, toi le rigolo, tu as de la chance que nous sommes pressés. Allez, les gars, nous partons en vitesse.
Toute surprise, Elyse éclaira son beau visage d'un large sourire.
- Frérot, tu as réussi ! Tu as envoyé le gars à plus de cinq mètres de toi ! Mokuami ne nous a pas menti !
Les cinq garçons se sauvèrent en emmenant leur copain qui boitait après la chute. L'esprit du bien avait un réel effet sur Jason et Elyse. Maintenant ils seraient craints par les voyous. Soudain, le téléphone portable de Jason sonna :
Allô, qui est à l'appareil ?
- Bonjour mon fils, Tout se passe bien au collège ? Comment va se terminer votre scène théâtrale ? Il me tarde de savoir.
- Bonjour papa. Il ne s'agit pas d'une ½uvre théâtrale, mais d'un secret à découvrir, nous marchons sur les traces de nos ancêtres qui vivent sur la planète Will. Nous sommes aidés grâce à l'esprit du bien. Bientôt nous reviendrons sur notre planète ! Nous vivons depuis des millions d'années et...
- Ah, arrête mon fils, arrête, tu viens de me faire rire jusqu'aux larmes. Super cette pièce ! Magnifique ! Il me tarde de voir la réalisation sur scène.
- Mais papa, ce n'est pas un mensonge ! Nous sommes les descendants de la planète Will !
- Arrête mon fils, jamais je n'avais autant ri ! Cela veut dire qu'avec Elyse vous êtes de véritables artistes et vous avez un grand talent inimaginable. A tout de suite mon fils.
Jason allait encore se justifier pour expliquer la réalité des faits, mais le « tut tut tut » interminable sonnait indiquant la fin de la communication.
Lorsqu'ils rentrèrent le soir, après une longue et rude journée, Julien et Estelle Borel finissaient le ménage. Jason s'était inquiété de ne pas voir son père décrocher plutôt dans la journée. Son père lui répondit qu'il avait dulaissé son téléphone en mode silencieux.
- Enfin Jason, pourquoi dois-tu sans cesse répéter ton spectacle ? interrogea Julien.
Il n'était pas nécessaire que Jason raconte tout ce qu'il avait vécu ce jour-là avec cet esprit du bien, Julien penserait que ce serait les répétitions du spectacle que ses enfants seraient inscrits à un cours dramatique. Cela lassait Julien. Mais pourquoi l'esprit tenait tant à convaincre les parents Borel à une histoire vraie suite à la lettre qu'ils avaient reçu ? Quand croiront-ils la vérité ?
Une scène à laquelle cette famille était confronté depuis la reception de la lettre, il s'agissait de quelques disputes et ils se juraient de ne plus parler de ce soit disant spectacle. Là, ils pourraient échanger une conversation sereine.
- Nous avons eu une rude journée, papa, dit alors Jason. Nous sommes fatigués.
- Vos professeurs vous ont donné d'autres fournitures scolaires à acheter ? demanda Julien.
- Non, papa.
- Très bien, les enfants, allez vous reposer.
- Oui, nous allons nous détendre, dit Elyse, mais il faut regarder quel cours nous avons pour demain.
L'emploi du temps des deux jeunes se trouvait sur leur carnet de correspondance, au dos. Celui de Jason était assez chargé mais pas celui d'Elyse qui était meilleur. Un peu chanceux, ils n'avaient pas cours le lendemain. C'était mercredi et surtout un jour de repos, cela était une chance de plus de chercher de réels indices, sans que leurs parents s'en aperçoivent.
- Nous sommes en repos, dit Elyse d'une voix doucereuse, le sourire aux lèvres.
Elle venait de fixer son frère dans les yeux, d'un air de dire "nous allons chercher d'autres indices". Ce dernier lui rendit un sourire et une approbation de la tête.
Les soirées des Borel se passaient comme à l'accoutumée, à savoir qu'ils dinaient tout ensemble, se racontant la journée passée. Ce soir-là, un petit garçon costumé se présenta chez eux pour leur annoncer que la direction du camping avait organisé une soirée-repas en l'honneur de leur arrivée. Les Borel eurent une très grande surprise, eux qui n'étaient jamais invités. Le petit leur présenta la feuille du menu et ajouta qu'ils seraient attendu dans la grande salle des festivités, en présence de certains élus.
C'était une soirée qui devait se passer non loin du camping, dans une grande salle Municipale et où l'on réservait les grandes fêtes l'on réservait les grandes fêtes. Rien que d'imaginer toutes les viandes, toutes ces frites ou encore les desserts au chocolat qui seraient mis à leur disposition, ils en avaient l'eau à la bouche, eux qui étaient composés d'une famille modeste, à la limite de la pauvreté. Leurs repas étaient composés de soupes aux poiraux et de féculents, commes les pates et le riz qu'ils achetaient dans les supermarchés.
Ils avaient encore une heure pour se préparer, et les enfants partirent s'habiller. Ils enfilèrent de vieux pantalons ainsi que des t-shirts, quand aux parents, ils s'habillèrent de vieux habits confectionnés par leurs parents. Ils essayèrent de passer au mieux pour des personnes présentables. Dans un coin de sa tête, Elyse se remémora le fait que les cinq garçons pourraient bien revenir les embêter.
Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle communale, Estelle ne put retenir sa surprise.
- Je ne savais pas que cette soirée était dansante.
- Moi non plus, avoua Julien. Profitons-en !
A leur arrivée, ils ne se sentaient guère à l'aise avec l'acceuil chaleureux de toutes et de tous. Malgré leur vieux vêtements, ils eurent le respect de la convivialité. A leur entrée, ils reçurent un interminable applaudissement, les gens s'étaient levés et demandèrent qu'ils se joignent à eux.
La salle était immense, elle était rectangulaire et ne comportait qu'une seule entrée, principale. A l'intérieur, il y avait de grandes tables qui formaient un grand rectangle de cinquante mètres de longueur et de huit mètres de largeur, réservées aux personnes invitées à cette soirée. Il y avait une grande sono, animée par un dj, dont le nom était affiché sur une grande banderole : DJ BRUNO. Les assiettes et couverts sur les imposantes tables donnaient un petit air riche. Tout au fond de la salle se trouvait une cuisine où les personnes habillées de blanc attendaient pour apporter les plats de chaque mets et servir séparément chaque convive.gérants s'occupaient des préparatifs, à savoir d'apporter tout le manger, ou encore de laver la vaisselle.
Soudain, Maxime Bourgeois, le chef du camping prit un micro. Il s'apprêtait à faire un discours.
- Mesdames et messieurs, bonjour, je suis honoré de vous avoir parmis nous et aussi quel bonheur de fêter l'arrivée de la famille Borel à nos côtés. J'espère que vous allez bien vous amuser et je vous souhaite une très bonne soirée, merci.
Bientôt, les échos des applaudissements se firent entendre dans toute la salle.
Les Borel s'assirent sur les chaises qui leur avaient été réservées à leurs noms. Les enfants se tracassaient sans relâche de savoir si les cinq garçons méprisants viendraient les embêter. Tout à coup, un groupe de cinq garçons s'approcha. Il s'agissait de Vincent Time et toute sa bande.
- Votre rentrée s'est-elle bien passée ? interrogea ce dernier en direction d'Elyse et de Jason, qui se sentaient rassurés soudainement.
- Oui, sava, répondit Jason, après avoir échangé un regard avec sa soeur. Et vous ?
Ils eurent des avis différents, mais globalement tout s'était bien déroulé pour eux, contrairement à Elyse et Jason. Les cinq garçons ne les avaient pas trop embêté cette journée-là mais Samuel Koumba avait prévenu ses amis qu'il valait mieux laisser tomber et éviter l'affrontement.
Durant la soirée, Samuel Koumba discuta de tout puis de rien avec Jason et les autres, contrairement aux cinq garçons à la veste de cuir qui ne cessaient de se balader à l'extérieur, comme s'ils s'apprêtaient à faire un mauvais coup. Visiblement, leurs regards ne dégageaient pas une sérénité particulière. Personne ne remarquait quoique ce soit de négatif à leur propos, il fallait dire qu'ils étaient très organisés lorsqu'ils en préparaient un coup. Mais ce soir, en préparaient-ils un ? La question méritait réfléxion.
Pourtant, tout était calme, il était vingt-trois heures et tout le monde profitait de cette admirable soirée. Il faisait très chaud. De temps à autre, Jason jetait un coup d'oeil pour voir si les cinq garçons méfiants manifestaient le moindre geste, le moindre faux pas.
D'habitude, Jason et les autres ne cessaient de s'inquiéter pour une éventuelle venue des cinq garçons à la veste de cuir, mais là, c'était différent. Ils se mirent tous dans la tête de prendre du plaisir en l'honneur de l'arrivée des Borel au camping. Tout se passait à merveille : les enfants jouainet, le dj mettait de la musique à volonté, les cuisiniers rangeaint la vaisselle, tandis que les adultes parlaient affaire ou encore Tiercé.
- Les cinq garçons ne sont pas là, fit remarquer Jason lorsqu'il se tourna vers ses amis.
- Pourrais-tu ne penser qu'à la soirée, ne serait-ce qu'une minute ? demanda Vincent Time qui vit que Jason n'avait lâché l'extérieur des yeux.
- Venez, dit Jason qui fit signe à Vicent Time et aux autres de les suivre, lorsque ses parents discutaient.
Ils se dirigèrent vers le seul endroit de la salle qui pouvait leur permettre d'échanger des secrets : les toilettes. Dans cet endroit, ils savaient qu'ils seraient tranquils car il y avait plein de toiles d'araignées mais surtout une odeur infecte. Visiblement plus à l'aise en présence de ses amis, Jason se chargea de tout leur raconter, de la reception de la lettre à leur journée de collège. Selon lui, ce n'était pas par hasard si les cinq garçons avaient un tel comportement.
- C'est irrationnel ! s'écria Vincent Time, lorsque Jason eut fini son récit.
- Cela n'a pas de sens plutôt, ajouta Jessica Scroutdansmonsac. Alors ça pourrait être le fameux esprit du bien qui en serait à l'origine.
- C'est ce que moi et Elyse pensons, déclara Jason, qui se dirigea dehors, à l'abri des écoutes indiscrètes.
Dès à présent, ils se situèrent sur le terrain de sport, au même emplacement où ils s'étaient rencontrés. Là, ils pensaient qu'ils seraient tranquils. Mais à peine Jason avait fini de dire ce qu'il voulait que des dessins apparurent là où tous les sept se trouvaient.
Bien tassés, ils représentaient des spirales de couleur blanche. L'inquiétude semblait dominer les sept amis, tandis qu'ils se surent guère que faire sur le coup. Comment des dessins avaient-ils pu apparaitre dans de telles circonstances ? Par une force surhumaine ? Malgré que tous les sept pensaient que les cinq garçons à la veste de cuir soient derrière tout ça, comment cela pouvait-il s'expliquer ? Les garçons possèderaient-ils des pouvoirs ? Ou bien est-ce-que l'esprit du bien y serait à l'origine sachant qu'il apparait dans des moments particuliers ?
Avec courage, Jason courut prévenir ses parents, qui se mirent à rire.
- Vous n'avez pas encore fini de jouer votre scène de théâtre ? demanda Julien qui refusait toujours de croire en la crédibilité de la lettre. Puis d'abord, où étiez-vous passés ?
Lassé d'entendre de telles paroles, il s'effondra en larmes.
- Comment veux-tu qu'on te croie ? interrogea Estelle, un peu déconcertée.
- Allez voir sur l'herbe où il y a le terrain de foot, dit Jason, en sanglots. Ce sont des dessins.
A leur arrivée sur les lieux, il y avait bien des dessins en forme de spirale qui occupaient toute la place du terrain en gazon.
- C'est de la craie vos dessins, fit remarquer Julien. C'est donc là que vous répétez le plus souvent ?
Il éclat de nouveau de rire.
- Répéter ? répéta Vincent Time. Monsieur, ces dessins sont apparus sur le sol comme par magie. V...
Mais déjà Julien et Estelle étaient repartis, des larmes de rire aux yeux. Les éléments crédibles qui prouvaient qu'un monde surnaturel avait été créé se multipliaient mais les parents Borel refusaient d'y croire, pourtant, dans la lettre, c'était Julien qui était l'élu de la planète créée par leurs ancêtres... Avec cette craie, Julien eut du mal à croire à une apparition surnaturelle mais plutôt un simple dessin.